Le Batik - bien plus qu'un tissu

veste WAJICK en batik indonésien
Il suffit de regarder un batik de près pour comprendre qu’il ne s’agit pas simplement d’un tissu imprimé.

Des lignes irrégulières, des motifs qui se répètent sans jamais sembler parfaitement identiques, des couleurs profondes et parfois de minuscules imperfections. C’est justement ce qui fait sa beauté.

Derrière chaque pièce se cache un savoir-faire ancien, intimement lié à l’histoire et à la culture indonésiennes.

Mais au fait, qu’est-ce que le batik ?

Le mot batik désigne avant tout une technique de décoration textile.

Son principe repose sur une idée assez simple : certaines parties du tissu sont protégées avec de la cire afin d’empêcher la teinture de les pénétrer.

Le tissu est ensuite teint, séché, puis la cire est retirée.

Pour obtenir plusieurs couleurs et des motifs complexes, l’opération peut être répétée encore et encore : appliquer la cire, teindre, sécher, retirer ou ajouter de nouvelles réserves…

Un travail qui demande du temps, de la précision et beaucoup de savoir-faire.

C'est aussi ce procédé qui donne au véritable batik cet aspect si particulier, très différent d'un motif simplement imprimé industriellement sur un tissu.

Un savoir-faire indonésien ancestral

Même si différentes formes de teinture par réserve existent depuis très longtemps dans plusieurs régions du monde, le batik occupe une place particulièrement importante en Indonésie, et notamment sur l’île de Java.

Là-bas, les motifs ne sont pas uniquement décoratifs.

Certains ont historiquement été associés à une région, une famille, un statut social, une cérémonie ou un moment particulier de la vie. Les couleurs et les dessins peuvent porter leur propre symbolique.

En 2009, le batik indonésien a d'ailleurs été inscrit par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Autrement dit : derrière ce morceau de tissu que l'on peut être tenté de choisir simplement parce qu'il est beau se cache une véritable culture textile.

À la main, au tampon… ou imprimé ?

Tous les tissus que l'on appelle aujourd'hui « batik » ne sont pas fabriqués de la même manière.

Le batik tulis est réalisé à la main. La cire chaude est déposée directement sur le tissu à l'aide d'un petit outil traditionnel appelé canting. C'est la méthode la plus minutieuse et chaque pièce porte inévitablement la trace du geste de l'artisan.

Le batik cap utilise quant à lui des tampons, traditionnellement en cuivre, trempés dans la cire chaude puis appliqués sur le tissu. Cette technique permet de répéter un motif plus rapidement tout en conservant le principe traditionnel de teinture par réserve.

Et puis il existe aujourd'hui énormément de tissus à motifs « batik » simplement imprimés industriellement.

Visuellement, la différence n'est pas toujours évidente au premier regard.

Mais leur histoire, elle, n'est évidemment pas la même.

Pourquoi le batik est entré dans l'univers WAJICK

WAJICK a toujours été construit autour des rencontres, des voyages, des matières et des gens qui savent encore fabriquer quelque chose avec leurs mains.

Et l'Indonésie fait partie de cette histoire.

Au fil de mes séjours à Bali et de mon travail avec les artisans locaux, le batik est naturellement entré dans certaines pièces WAJICK, notamment à l'intérieur des vestes.

J'aime particulièrement cette idée.

À l'extérieur, une veste peut être sombre, brute, presque post-apocalyptique.

Et lorsqu'on l'ouvre, on découvre soudain une doublure pleine de motifs et de couleurs.

Un détail que l'on ne voit pas forcément au premier regard, mais qui fait partie de l'histoire du vêtement.

C'est aussi ça, pour moi, WAJICK : ce qui se cache derrière compte autant que ce que l'on voit devant.

Des tissus qui ne seront jamais complètement identiques

Utiliser du batik dans de petites productions implique aussi d'accepter quelque chose que l'industrie essaie généralement d'éliminer : la variation.

Selon la partie du tissu utilisée, le placement du motif peut changer d'une veste à l'autre.

Deux pièces réalisées dans le même batik peuvent donc être légèrement différentes.

Et c'est précisément ce que j'aime.

Je ne cherche pas à fabriquer des centaines de vêtements parfaitement identiques.

Je préfère l'idée qu'une pièce puisse garder quelque chose du tissu dont elle est issue, de la personne qui l'a fabriquée et de l'endroit où elle a été créée.

Parce qu'au fond, un vêtement peut être beaucoup plus qu'un produit.

Il peut aussi raconter une histoire.

WAJICK